La chute

J’en avais beaucoup entendu parlé. Je l’ai vu. Je ne suis pas déçu !
Il y a bien entendu deux lectures différentes possibles d’un tel film : celle qui est purement historique et l’autre cinématographique.
La chute
Sur le plan historique,
Ayant un intérêt personnel pour l’Histoire, et quelques années d’études s’y rapportant, j’ai toujours une légère appréhension à regarder de tels films. J’ai souvent peur d’y voir un grand nombre d’imprécisions et d’inepties qui serviront malheureusement de références et de vérités pour la plupart des spectateurs peu renseignés sur le sujet.
Basé principalement sur les mémoires de Traudl Junge, la secrétaire particulière du Führer, ainsi que sur différents témoignages, « La chute » semble rester fidèle aux faits historiques avérés à ce jour, même si certains passages sont tout de même sujets à caution. C’est donc le premier bon point du film.
Le second bon point est ce qui a fait scandale peu après la sortie du film c’est à dire le fait de montrer Hitler d’un point de vue plus humain et compatissant que la représentation classique du dictateur.
Dans la très courte période historique dans laquelle s’inscrit le film, le réalisateur nous montre un führer vieilli et aigri ayant perdu toute sa ténébreuse splendeur et son légendaire charisme. Il semble ressembler à un banal petit vieux acariâtre préférant en finir avec sa vie plutôt que d’accepter son inéluctable déchéance. C’est bien là le point fort du film ! Il eut été trop aisé de dépeindre l’ignominie d’Hitler. Oliver Hirschbiegel a préféré lui rendre sa part d’humanité.
Cette part d’humanité est aussi terrifiante qu’intéressante car elle nous oblige à nous rappeler qu’Hitler est ni plus ni moins que notre semblable duquel nous partageons 99,99% de notre patrimoine génétique. Avant d’être un criminel psychopathe, il est avant tout un homme.
« La chute » nous rappelle donc de façon salutaire ce que l’homme peut faire à ces semblables et qu’il reste définitivement un loup pour lui même. Ce parti pris de la part du réalisateur est surement plus productif et impactant sur les mentalités que si il avait choisi de le montrer comme un fou possédé et déconnecté de la raison humaine.
Sur le plan cinématographique,
Comme le sujet l’impose ce n’est pas très folichon. La quasi totalité du film se déroule dans le bunker de Berlin, ce qui limite clairement toute virtuosité de mise en scène. Cela dit, Oliver Hirschbiegel a voulu faire du spectateur un témoin des évènements. Il tient donc une distance cohérente durant la plupart des scènes entre les protagonistes et l’implication de sa caméra.
L’ambiance est très pesante durant tout le film, son pic étant le meurtre des six enfant Goebbels tourné dans une longueur et un silence de plomb.
Bruno Ganz est phénoménal dans le rôle d’Hitler. Son interprétation est poussée jusque dans les mimiques, les déplacements et les intonations de sa voix. Ce rôle risque d’être le plus marquant de sa carrière même si je suis persuadé que d’être associé aujourd’hui à un tel personnage doit lui peser lourdement.
Bref, un film qu’il faut voir pour se forger son opinion personnelle dans le débat qu’il déclenche mais qui vaut également le détour pour sa seule qualité cinématographique.
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